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Quoi, t’es graphiste et t’as pas lu le débrief ?

Le jour J pour toutes les professions créatives a eu lieu : ce lundi 21 juillet 2014, Axelle Lemaire a reçu une délégation de designers et graphistes. Suite à la controverse liée à sa visite au sein de l’agence Creads, la Secrétaire d’Etat a convié neufs professionnels représentatifs des métiers graphiques, deux membres de l’AFD  et 2 autres invités surprises : Jean-Louis Fréchin et Ruedi Baur, designer de renom et représentant de Mission Design. Là où nous pensions que notre combat commun serait au centre des débats, se sont ajoutées bon nombre de question sur nos métiers, la représentativité, la promotion, la qualité et bien d’autres sujets passionnants. En mon nom et au nom du blog des Graphisteries, je remercie Axelle Lemaire, non seulement de nous avoir reçu, écouté, mais aussi et surtout de nous avoir répondu dans des échanges ouverts, francs et directs. Je vous propose de lire le débrief de ces 2 heures de réunion, ou plutôt comment j’ai perçu ces échanges.

Propos Vs Contexte, acte 2

Axelle Lemaire démarre la réunion sur sa conscience d’avoir heurté un nombre important de personnes. En passant le pas de la porte de Creads, et après avoir déjà rendu visite juste avant à 4 startups en moins d’une heure, elle ne s’attendait pas à soulever une telle problématique.

D’autant que la source des propos d’Axelle Lemaire provient uniquement du site de Creads et que nous connaissons bien le talent qu’a Creads pour récupérer des messages et les mettre à leur avantage.

Mais tout le monde autour de la table finit par acquiescer et reconnaître que tout le mal qui aura été fait a été bénéfique dans le fait que, sans cette visite, cette réunion n’aurait jamais eu lieu.

De la responsabilité de chacun

Puis la réunion prend une toute autre tournure, que nous ne soupçonnions pas : nous n’avons pas été les seuls heurtés et choqués par des propos virulents. Malgré son statut de Secrétaire d’Etat, Axelle Lemaire n’en est pas moins une femme et, comme toute personne, certains mots finissent par blesser.

Au milieu de notre mécontentement sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement Twitter, des termes agressifs voire calomnieux lui ont été adressés. Et elle a tenu à nous communiquer sa profonde peine, à son tour.

Ce ne sont pas ce genre de tweets qui ont réussi à l’interpeller sur notre cause. Bien au contraire, les injures et la virulence desserviront toujours les causes en les détournant de leurs objectifs initiaux.

Nous vivons dans un pays libre et nous avons avons tous le droit d’interpeller une personnalité publique, sur les réseaux sociaux. Néanmoins, un simple message de 140 caractères peut avoir plus d’impact néfaste qu’on ne pourrait l’imaginer, voilà pourquoi je relaie le message et en appelle à la responsabilité de chacun.

acces cabinets ministeriels rencontre axelle lemaire
Droit d’accès aux cabinets ministériels pour rencontrer Axelle Lemaire

La représentativité en questions

Une nouvelle parenthèse inattendue démontre bien tout l’intérêt que peut porter Axelle Lemaire sur la représentativité. Dans la délégation, une seule femme est présente : Noëlle Bayard, de l’AFD. A notre grand dam, Ludivine Vinot n’a pas pu se joindre à notre délégation de graphistes mais cela n’aurait guère changé ce déséquilibre de parité homme/femme.

Puis, il est demandé de se présenter, l’un après l’autre. Un tour de table s’ensuit. Très vite, la présentation successive d’indépendants bascule à nouveau sur la représentativité. Axelle Lemaire s’interroge sur le fait que notre démarche « lettre ouverte + rapport » se soit faite sans aucune structure. Elle précise d’ailleurs à quel point il aura été difficile à eux de nous identifier sur Internet et de nous adresser leurs invitations.

Autre interrogation : il n’existe aucun chiffre ni aucune étude concrète sur les membres de notre profession. Le flou statistique autour de nos métiers et le manque de représentativité sont autant de points auxquels Axelle Lemaire souhaiterait nous voir remédier.

Adhocratie, mot compte triple

Nous tentons d’expliquer tout ce travail collaboratif qui est né en si peu de temps, quelle est notre démarche commune, son historique depuis bientôt 10 ans pour certains d’entre nous, puis nous évoquons les communautés de graphistes et les forums.

De l’autre côté de la table, difficile de comprendre qu’autant de personnes, ne se connaissant pas physiquement et ne s’étant quasi jamais rencontrées auparavant, aient pu se rassembler si vite pour accoucher d’un manifeste inédit, fort de plus de 7000 signatures en quelques jours seulement, alors que le syndicat de l’AFD ne rassemble que 1700 membres depuis sa création il y a 11 ans.

Et pourtant, il existe un mot pour exprimer ce genre de manifestations : l’adhocratie. Ce néologisme pourrait s’apparenter à notre mouvement : une organisation ponctuelle qui rassemble plusieurs personnes de tous horizons s’alliant dans un but précis, et qui se séparent une fois leur mission accomplie.

En ayant comparé notre mouvement à de l’adhocratie, Baptiste Fluzin remporte la manche. Axelle Lemaire prend note puis nous glisse qu’à l’instar de l’adhocracie, il serait dommage de nous arrêter là.

Le fin fond du sujet

Nous en venons enfin aux problèmes de fond de notre rapport, qui étaient également évoqués dans notre lettre ouverte. Vendredi 18 juin, tandis que le rapport et la lettre ouverte étaient imprimés, le rapport était envoyé aux conseillers d’Axelle Lemaire pour être étudié en amont. Elle a pu nous donner les retours des services juridiques et en a profité pour nous donner son appréciation sur chaque point :

Le travail gratuit

Selon Axelle Lemaire, le travail gratuit imposé par ces plateformes peut s’avérer être un outil de promotion pour le graphiste. Même si c’est aussi critiqué dans d’autres pays, la Secrétaire d’Etat pense que ça peut permettre à de jeunes créatifs de se faire connaître.

La concurrence déloyale

Une jurisprudence est envisageable si nous savons bien nous défendre. Mais cela passera obligatoirement par une case « structuration du mouvement ». A nous de faire le nécessaire.

Le travail dissimulé

Bien que difficile à prouver, en raison des contrats qui sont signés sur ces plateformes, nous pouvons envisager d’attaquer cela sur un plan juridique. Comme pour la concurrence déloyale, il nous faudra être structuré et armé.

Axelle Lemaire a également évoqué sa crainte de voir partir ce type de commandes à l’étranger, vers des sociétés qui ne subiront aucun contrôle juridique de la part de l’Etat Français (sic).

Malgré certaines réticences liées à sa haute fonction, la Secrétaire d’Etat a pu, par le biais de ces recherches, nous donner les pistes à suivre pour aller au bout de notre action.

D’ici la rentrée, nous serons mis en relation directe avec la Direction des Affaires Juridiques de Bercy, pour nous recevoir et discuter de nos revendications sur le plan juridique. Nous serons également mis en relation avec le Ministère de la Culture et les conseillers d’Aurélie Filipetti, où une cellule design vient d’être créée.

Mais d’ici là, nous aurons encore fort à faire de notre côté.

Lorsque promotion rime avec qualité

Un membre de la réunion décide alors d’amener le débat sur la qualité. Et ce n’est pas n’importe quel intervenant : Ruedi Baur. Pour lui, la qualité primera toujours sur la quantité. Preuves à l’appui, nous en profitons pour alerter Axelle Lemaire et ses conseillers sur le fait que, dorénavant, certaines grandes marques mondialement connues passent aussi par ce genre de plateformes de crowdsourcing : Volvic, Coca-Cola, Citroën…

Puis, Axelle Lemaire nous demande s’il existe des outils de promotion pour un jeune créatif, autres que de passer par ces plateformes de crowdsourcing. Dès lors sont avancés des réseaux sociaux pour créatifs tels que Behance ou encore Dribbble.

Le message est clair. Les plateformes de crowdsourcing instrumentalisent la promotion du jeune créatif à des fins commerciales. A nous de proposer une alternative pour mettre en avant les jeunes créatifs, et bien évidemment de continuer à les former et les éduquer au monde professionnel. A noter qu’Axelle Lemaire a regretté qu’une formation à l’entrepreneuriat au freelance fasse autant défaut dans les écoles de graphisme et design.

Mêmes joueurs jouent encore

En fin de réunion, nous avons l’impression d’être arrivés avec des questions, et d’avoir eu d’autres réponses. Pour autant, ces réponses nous offrent de nouvelles perspectives que nous avions écartées lors de nos divers débats, pensant qu’ils n’étaient pas la priorité. La lutte doit continuer, mais sous une nouvelle forme.

A de nombreuses reprises, nous avions évoqués la formation d’une association. Celle-ci a déjà existé mais, ça, c’était avant. Nous sortons de cette réunion convaincus que notre combat ne pourra continuer qu’en passant par la constitution d’une structure, quelle qu’elle soit, et ce malgré les nombreux sacrifices que cela risque d’entraîner pour ceux qui voudront bien se lancer dans l’aventure avec nous.

Nous sortons de cette réunion fiers d’être allés au bout de notre action commune mais nous ne souhaitons pas nous arrêter là. Par contre, tout comme nous n’aurions rien pu faire sans vous, votre soutien et vos 7000 signatures, nous sommes conscients que nous aurons encore besoin de votre soutien, y compris financier,

La French Touch d’en bas

Nous avons ouvert une brèche et avons ouvert un dialogue avec les hautes autorités, et ce en moins de 2 mois et sans la moindre structure. Nous avons ouvert ce dialogue GRACE A VOUS.

C’est à vous de nous dire si vous voulez continuer le combat ou si vous voulez que nous nous arrêtions là, sur une marche où nul autre graphiste n’était allé jusqu’à présent.

Ne laissons pas le terrain de la politique aux personnes qui ne sont là que pour serrer des mains et se faire inviter pour ne rien apporter au débat. Ne laissons pas ces personnes nous représenter, elles ne sont pas représentatives ! Nous sommes la French Touch d’en bas, alors faisons-le savoir !!

Nous avons les moyens, les talents et le réseau nécessaires pour monter une structure inédite et revenir plus forts face aux représentants de l’Etat Français, mais aussi de l’Europe si jamais il le faut.

Ce pouvoir, c’est vous qui l’avez. Et la structure, ben nous l’avons déjà. :)

Le changement, c’est quand on le veut vraiment. Vous le voulez ?

Ce que vous avez manqué au montage

  • Marie de MarieJulien. Elle existe VRAIMENT.
  • L’Happy Hour d’avant.
  • Les photos souvenir marketées.
  • Hipster Belin.
  • Le concours de tatouages.
  • Le mec qui perce. PUTAIN.
  • Des provinciaux dans le métro.
  • La rencontre anecdotique avec Ruedi Baur, au détour d’un ascenseur.
  • Le 4e étage.
  • Le 7e étage.
  • L’AFD qui envoie sa boule de feu, Julien Moya qui l’évite et contre-attaque par un énorme shoryuken… YOU WIN AH AH AH !
  • Le code NAF (tmtc).
  • Emile Josselin qui s’endort sur son MacBook (non je déconne :p).
  • L’Happy Hour d’après.
  • La déclaration de Guillaume aux impôts.
  • « On s’appelle, on se refait une bouffe »

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Il y'a 28 réactions à cet article
  1. 22 juillet 2014

    Merci Phil pour ce débrief précis et non dénué d’humour. 😉

  2. clement
    23 juillet 2014

    Merci pour votre implication et votre initiative. Franchement, c’est bien la première fois que j’aurais envie de me syndiquer (même les choses prendront peut-être une autre forme). Comme dit dans l’article, ce serait dommage de ne pas saisir l’opportunité d’avoir un peu la main sur les décisions politiques concernant notre boulot.

    • 23 juillet 2014

      Merci Clément pour ton message. Tu sais, il y a 2 mois, lorsque tout a commencé et que j’ai envoyé mon premier petit tweet d’indignation, je n’aurais jamais imaginé me retrouver, 2 mois plus tard, face à une Secrétaire d’Etat, à Bercy, à essayer de lui expliquer combien il était difficile pour un graphiste indépendant de se lever tous les matins et de gagner sa vie en appliquant des tarifs assez décents pour vivre, face à des structures qui, dans leur offre commerciale, vendent du travail obtenu gratuitement. Tout comme, je n’aurais jamais pensé me retrouver à appeler à s’associer / se syndiquer comme si on rentrait dans une lutte des classes (loulz). Tout cela s’est fait très vite, en seulement 2 mois, mais nous avons réussi à capter l’attention d’Axelle Lemaire mais surtout de ses conseillers, très aimables, accessibles et compréhensifs, qui sont même restés manger avec nous après la réunion (je n’en parle pas volontairement dans l’article, pour éviter des les mettre en porte-à-faux). Même si nous n’avons pas gagné lundi soir, nous avons obtenu une victoire symbolique. Tout cela est un énorme élan d’espoir pour notre profession. Mais ce n’est pas moi ou une autre personne présente à la réunion qui a réussi, c’est nous tous. C’est notre union qui a fait notre force. A nous de savoir rester unis et attentifs pour la suite des évènements, car suite il y aura, en septembre, avec la Direction des Affaires Juridiques de Bercy.

  3. 23 juillet 2014

    Issue positive et pleine de perspectives !

    A mon avis, Madame la Ministre a tout intérêt à défendre nos professions car l’État français se fait aussi siphonner dans cette affaire de travail gratuit dissimulé. S’il nous est évident que tout travail mérite salaire, il ne faut pas oublier que tout travail génère de l’argent pour la société via l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales. En exploitant l’énergie créative de 10 personnes et en rémunérant qu’une seule d’entre-elles, les entreprises profiteuses laissent 9 bonhommes sur le carreau, dont le travail n’aura même pas contribué à l’État. Pire, ces neuf perdants du système, par leur inactivité dans la société, et ce malgré leur travail fourni, coûteront bonbon en Assedics. Et ce n’est pas fini ! car en retournant la nappe, on se rend compte que les formations aux métiers graphiques aidées par l’État bénéficient davantage dans ce contexte aux entreprises de Perverted Crowdsourcing et à leurs clients qu’aux futurs professionnels tués dans l’œuf ! Alors tout dépend de ce que Madame Axelle Lemaire entend par « la France qui gagne » ; celle de quelques startup dont la dynamique sans scrupule assèche la vraie compétitivité ? ou celle des travailleurs qui contribuent à une société saine et fleurissante grâce à leur talent valorisé ? Il serait tant qu’un cadre juridique puisse enfin rayer la mention inutile…

  4. 23 juillet 2014

    Merci pour le debrief c’est sympa. Je vous rejoins completement sur la logique de qualité qui doit être au centre du débat. A mon avis, un moins d’un recours légal (qui n’est pas d’actualité), on ne pourra pas empécher des boites comme Creads d’exploiter le filon et donc des gens pour se faire avoir. Je vous avoue être assez sceptique sur l’issue de la chose, le rapprochement avec le ministère de la culture tout ça, mais je ne suis pas objectif (car extrèmement critique vis à vis des institutions) donc attendons de voir.

    « Puis la réunion prend une toute autre tournure, que nous ne soupçonnions pas : nous n’avons pas été les seuls heurtés et choqués par des propos virulents. Malgré son statut de Secrétaire d’Etat, Axelle Lemaire n’en est pas moins une femme et, comme toute femme, certains mots finissent par blesser. »
    >> Euhh… Pour parler de déséquilibre dans la parité Homme/Femme, Je t’avoue avoir un peu eu les poils qui s’hérissent en lisant la fin de cette phrase. °_O Bah alors mec !?

    Merci d’avoir pris le temps du compte rendu en tous cas c’est sympa 😉

  5. Rémi
    23 juillet 2014

    Merci encore a tous pour votre implication et merci pour ce compte rendu bien rédigé !! Je voulais juste faire part de mon engagement auprès de cette lutte importante pour la défense de notre métier, je vais suivre avec le plus grand intérêt la suite de cette affaire !! en gros, i’m in !! =)

  6. 23 juillet 2014

    Impressionnant comment le mouvement a pris autant d’ampleur en aussi peu de temps. Ça aurait pu faire un flop, finalement c’est un incroyable succès si je juge du bilan provisoire:
    – +7000 signatures
    – le grand public qui découvre les méfaits du perverted crowdsourcing,
    – une Ministre à l’écoute et qui ne semble pas être à la masse

    Merci à tous ceux qui font avancer la cause, aussi bien sur le fond que sur la forme ! Je ne doute pas que cela représente beaucoup beaucoup de travail/temps en plus des activités pros.

  7. 23 juillet 2014

    Merci aussi à vous de nous avoir représentés.
    Personnellement j’ai toujours pensé que l’artisanat est une richesse pour la France et qu’effectivement le statut d’indépendant qui nous caractérise est une faille face à des structures vampirique. Je suis d’accord avec l’idée de s’organiser autour d’une association ou autre.

    Je suis personnellement prêt a soutenir cette démarche et autant que le temps m’accordera, à y participer si besoin.

    Je suis aussi personnellement touché par l’idée de (auto) promotion. Ceci n’est pas une pub mais j’ai développé webdesigner france et s’il pouvait servir a promouvoir ou soutenir ces démarches, ce serait avec grand plaisir. Je le maintiens tant bien que mal mais j’envisage une évolution.

  8. 23 juillet 2014

    Merci collègues !

  9. 23 juillet 2014

    Ouais section niquetout 😀
    Merci Phil pour ce joli billet débrief et à toute l’équipe instigatrice de ce mouvement en marche.

    On va avancer à partir d’ici. C’est sûr !
    Je serai là pour soutenir tout projet qui va dans le sens d’une fédération pour peser plus lourd dans le paysage légal de notre chère nation.

    J’aime bien ce « French Touch d’en bas » 😀

  10. 23 juillet 2014

    Bonjour,
    Merci pour ce débriefing complet, ce retour est important.

    J’ai toujours du mal à lire « Selon Axelle Lemaire, le travail gratuit imposé par ces plateformes peut s’avérer être un outil de promotion pour le graphiste ».

    Après toute la compréhension du dossier, comment oser dire encore cela ?? Nous ne sommes plus dans un modèle nouveau avec des outils nouveaux. Les outils de Social Networking, le Networking pro, et les sites qui aident à la promotion d’un graphiste sont performants. Bien sûr qu’il existe des moyens pour faire la promotion de ses compétences.

    Malgré ma « petite expérience pro, environ 15 ans » je refuse régulièrement des contrats dès que j’entends les mots « ça va vous faire connaitre ! » et pourtant je ne pratique pas des tarifs élevés. Je pense aussi à des solutions simples comme une grille tarifaire des prestations d’un graphiste serait bien à présenter lors des échanges avec nos clients et ce à disposition sur un site officiel étatique (Je sais je peux rêver).

    Juste mon avis il ne faut pas laisser passer ce type de réflexion car c’est le cœur du problème. Un artisan ou un comptable, avocat, ou même un politique serait prêt à travailler plusieurs semaines avec un salaire « Juste ridicule, voir nul » pour se faire connaitre ? (condition : c’est la seule source de ces revenus).

    • 24 juillet 2014

      Axelle Lemaire est franco-canadienne, elle a une vision très mondialiste des choses. Ça ne veut pas dire que je partage sa vision, mais je conçois (et donc respecte par la même occasion) qu’elle puisse l’avoir. Ce qui ne l’a pas empêché de nous indiquer le bon chemin à suivre et de nous recommander auprès d’instances plus à même de subvenir à nos requêtes (poke « Jean-Didier »). #KeepTheFaith

  11. Jean-Didier
    23 juillet 2014

    Merci de tous péter dans le même sens, on a vraiment l’impression que l’air se déplace et qu’il se passe un truc.

    Jolie illusion pour rien au final, c’est une fois de plus un bon coup de frein a l’immobilisme.

    Bravo à vous tous.

  12. Noël Malicet
    23 juillet 2014

    Merci pour cette victoire face à l’indifférence :
    – indifférence de l’Etat envers une situation de concurrence déloyale et d’abus de faiblesse
    – indifférence générale du monde entrepreneurial pour le design graphique considéré au mieux comme un passe-temps futile.
    – indifférence de nombres de graphistes pour le destin de leur profession (indifférence qui se mue parfois en hostilité pour tout mouvement collectif).

    Pour avoir été délégué du personnel dans une agence j’ai pu y mesurer l’extrême réticence à voir le personnel (dont on se prétend le meilleur ami, bien souvent) s’organiser et prendre des initiatives sociales.
    Pour être aujourd’hui indépendant, je mesure les immenses progrès qui restent à faire pour que le graphiste soit un agent décisionnel et non un technicien photoshop de bout de chaîne.

    Tenez nous au courant de l’évolution que vous voulez donner à ce mouvement et n’hésitez pas à demander de l’aide !

  13. Trixo
    24 juillet 2014

     » Selon Axelle Lemaire, le travail gratuit imposé par ces plateformes peut s’avérer être un outil de promotion pour le graphiste.  »

    Bonjour,

    Bravo pour votre mouvement, je voulais réagir face à cette affirmation qui est totalement fausse, car il est simple de vérifier que les participations sont anonymes.
    Sur ces plateformes le but est d’arnaquer les graphistes en groupes déshumanisés sous pseudo.

    1 : Ils vendent du travail gratuit ce qui est de la concurrence déloyale.
    2 : Les participants aux « concours » sont anonymes et la majorité des projets confidentiels.
    3 : Le nombre de propositions par candidats sur chaque brief n’étant pas limité il y a dumping social.

    Ne vous éloigniez pas de ces fondamentaux.

    • 24 juillet 2014

      Bonjour et merci pour ton commentaire.

      Nous ne nous éloignons pas des fondamentaux. Nous relatons simplement sa vision mondiale des choses étant donné sa nationalité franco-canadienne et ses nombreuses expériences dans divers pays.

      De plus, « peut s’avérer être » est très différent de « est ». La nuance est certes subtile mais sous-entend qu’à sons sens, un outil de promotion du jeune créatif fait encore défaut, mais auquel des améliorations devront être apportées.

      • Trixo
        24 juillet 2014

        Justement il me semble que « peut s’avérer être » implique la possibilité que le pigeon puisse faire sa promo or le système est anonyme donc c’est impossible point barre.

        Et pour faire sa promo il existe de très nombreuses solutions.
        Site internets, vrais concours, sites sociaux, associations créatives etc. Et aucune n’est anonyme.

        Je ne comprend pas non plus en quoi le fait d’être Franco-Canadien donne une expérience mondiale.
        Ni en quoi une situation immorale à l’étranger moraliserait sa copie Française.

        Mais je comprend bien qu’il faut commencer quelque part et je vous félicite chaleureusement pour votre action, je voulais juste relever cet argument que je trouve particulièrement fallacieux.

  14. 24 juillet 2014

    Un gros merci à tous ceux qui nous ont représenté en tout cas pour le boulot accompli, le superbe dossier et le tout le temps que vous avez passé.
    Et présente bien sûre pour la suite et pour relayer l’information :)

  15. 24 juillet 2014

    Merci pour le retour sur le contenu de cette réunion.

    Quelques points que je relève :
    • Promotion des jeunes talents et graphistes débutants : Là n’est absolument pas la question. L’émergence des talents est l’affaire de la formation. Les agences de Com ont, dans les années 1990, décidé de paupériser les fameux assistants DA qui sont devenus des stagiaires… Le résultat se paye aujourd’hui. Cette formation complémentaire après les études est du ressort des agences et autres employeurs similaires qui refusent aujourd’hui de s’engager dans ce qui constituera leur avenir au prétexte de la réduction des couts.
    • Non le travail gratuit ne peut être un outil de promotion pour les jeunes graphistes, car d’une part il dévalorise dès le départ la professionnalisation et surtout l’individu. Devons-nous rappeler à une secrétaire d’État ce qui est dit dans l’article 23 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1948 qui est en préambule de notre constitution :
    Article 23
    1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. (NDR : Tient, les graphistes MDA n’ont pas droit aux assurances chômage…)
    2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. (NDR : sic)
    3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. (NDR : nous sommes dans le cœur du sujet).

    • Il est dit dans l’article : French Touch ! Bel humour ou maladresse ? Aux USA les termes se francisent et ici on parle anglais pour parler de nous ? Je ne suis pas spécialement chauvin, mais force est de constater que nous devons autant défendre les spécificités du Design Graphic Français et utiliser l’anglais seulement dans un cadre d’exportation de nos travaux, mais aussi utiliser notre langue et devenir inventif avec, tournez la tête vers nos ami-e-s du Québec, et vous constaterez la richesse d’invention. Serions-nous assis sur un trésor dont nous aurions perdu les clefs ?
    • Je partage l’avis de Ruedi Baur sur le qualitatif quantitatif. En revanche il est compliqué en France, qui est un pays graphiquement beaucoup moins éduqué que la Suisse, de faire accepter cette qualité ou ce que nous considérons être cette qualité. La France a de fait un véritable déficit d’enseignement des divers codes graphiques dans ses filières générales et souvent nous devons nous battre contre l’avis subjectif et irrationnel du client…
    • Une dernière chose qui dont on ne parle pas : Nous avons scié la branche sur laquelle nous étions assis avec de mauvaises pratiques (ou habitudes). Accepter des appels d’offres et compétitions non rémunérés. Proposer systématiquement plusieurs axes créatifs dénotant ainsi de notre manque de conviction ou affichant ainsi notre versatilité créative. Acceptant presque toutes les compromissions et les demandes (souvent ineptes) des clients sous prétexte que le client fait le chèque et dévalorisant, affaiblissant l’estime de celui-ci envers nous, envers notre professionnalisme.

    Oui nous sommes une profession décousue et pourtant quand nous échangeons nous sommes tous fiers de nos métiers que nous aimons et pratiquons avec passion. C’est pour ces raisons que je participerais avec enthousiasme à tout projet sincère et constructif permettant une structuration positive de nos métiers pour agir à la reconnaissance et à la survie même de milliers de confrères.

  16. 24 juillet 2014

    Bonjour !

    Je me suis particulièrement arrêté sur cette phrase : « A noter qu’Axelle Lemaire a regretté qu’une formation à l’entrepreneuriat au freelance fasse autant défaut dans les écoles de graphisme et design. ».

    C’est un point hyper intéressant. En tant que freelance depuis 1 an maintenant, on se rend très vite compte, que les formations que nous avons reçu sont parfois encore un peu à côté de la plaque. Les cours d’éco-gestion sont faibles et pourraient gagner en ampleur (quand on vous fait faire 1000 ans de cours de Flash à la place…..). Il serait temps de revoir le programme des écoles. Personnellement mon BTS Com visuelle option multimédia, était un peu limite niveau contenu par rapport au prix… J’ai appris mille fois plus en entreprise, et en autodidacte malheureusement. Quand on se retrouve confronter aux situations.

    Je ne sais pas comment ils pourraient présenter ça dans les écoles, études de cas, mise en situation, (on avait eu un exercice très intéressant de simulation d’entreprise dans ce cours d’éco-gestion). Même si certains ne se destinent pas au freelance, avoir quelques clés en plus en mains à la sortie des écoles pourraient être un réel plus !

  17. Paul Soldermann
    24 juillet 2014

    Tout d’abord bravo pour ces actions qui prouvent que les créatifs français ont une grande estime d’eux-mêmes, les formations qu’on trouve en France sont de qualité et il faut un minimum de talent pour faire du bon travail en graphisme, ça se paye, point final.
    Maintenant je pense aussi aux jeunes qui veulent se faire une place, et je sais à quel point c’est dur. Raison de plus pour rejeter un « business model » qui exploite la faiblesse de ces débutants/prétendants graphistes pour faire des profits et ruiner l’image de notre profession par la même occasion.

  18. mael
    27 juillet 2014

    Je suis prêt à cotiser à un mouvement qui sera considéré comme un partenaire social représentatif par l’exécutif et qui utilisera ses fonds pour payer un juriste/avocat afin de créer une jurisprudence.

  19. Hecquet
    1 août 2014

    Merci pour ce retour très intéressant.
    Preuves que d’aller au bout de ses démarches et raisonnement est souvent payants. Ces infos donnent envie de s’intéresser de plus près du sujet quand on sait à quel point le statut de graphiste free peut amener à des conditions de vie précaire.

    Impossible de laisser des personnes travailler gratuitement !!

    Belle initiatiive avec un niveau atteint.

    A poursuivre, et comme mael, si participer financièrement peut amener le gouvernement à être un peu plus attentif à la situation des créatifs français, alors je plussois !

  20. 4 août 2014

    Merci d’avoir porté haut les couleurs de ce métier merveilleux et pour votre engagement personnel.
    Je suis de ce combat vous pouvez compter sur moi à tous les niveaux.

    Il faut reconnaitre que notre profession est un peu brouillonne et manque de représentativité et reste souvent inaudible.
    L’AFD fait ce quelle peut mais reste très (trop) marginale.
    D’un autre, les écoles ne misent que sur le côté « artistique » et conceptuel de ce métier et ne forment pas assez à un marché en constante évolution, entre des appels d’offre non rémunérés et le client bien plus terre à terre qu’il n’y parait ou la pédagogie, le pragmatisme et le combat sont de tous les instants. Le côté parfois microcosme élitiste ce fait trop ressentir et est tellement éloigné de la réalité que cela en devient absurde voir inquiétant, il serait temps de remettre les choses à plat et de régulariser une profession trop fréquemment écartelée.

    Il faut s’organiser si nous ne voulons pas nous isoler un peu plus et rendre légitime une profession trop souvent caricaturée.
    Rien est acquis, il faut y aller, encore.
    S’ouvrir et faire découvrir, c’est tellement important.

  21. 20 août 2014

    […] Quoi, t’es graphiste et t’as pas lu le débrief ? : Le debrief du rendez-vous. […]

  22. 15 décembre 2014

    Merci ! Je viens avec retard de découvrir votre action sur ce sujet. Bravo !
    J’ai hâte de découvrir les suites de ceci. Cotisations ? pas de problème. Participation ? aussi !
    Seuls s’en sortiront les graphistes/photographes de génie, qui réussiront à vendre leur travail quoi qu’il arrive. Les photographes/graphistes pros plus lambda, qui génèrent quand même une qualité et un suivi à mille pieds au-dessus de la proposition moyenne des sites de crowdsourcing (Fotolia/Wilogo/Creads et consors), ont juste à crever en se disant en plus qu’ils ont bien été nuls de ne pas avoir su s’adapter. Ces boites qui mettent en place un système d’exploitation de la ressource (humaine) absolument dégueulasse, sous couvert de modernité 2.0 à la mords moi le nœud, ne laissent en fait aucune chance. « Sois excellent et réussit à vendre malgré nous, ou sois juste bon, et, ma foi, disparaît ! ». Ou comment pervertir par le fric un levier puissant et fabuleux comme le crowdsourcing, pour en faire un « crowdsploitation » visqueux.

    Continuez ! et ensuite j’espère, continuons !

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