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Le design en 2015, ce désespoir (Part. 1) : "Web Over"

En ce début d’année 2015, j’ai eu la chance de souffler ma 15e bougie dans le métier de la communication visuelle, du graphisme, mais aussi du web design, dans lequel je me suis engouffré – certes tardivement – il y a 6 ans en même temps que le freelance, suite au plan social et à mon départ précipité du pôle presse pour lequel je travaillais.

Je n’ai pas le type de caractère à me morfondre sur mon sort, mais à avancer. Alors, suite à mon licenciement économique en 2009, je me suis formé tout seul à la création de sites internet, sur le tas comme on dit, en apprenant directement à coder en HTML 4 et en CSS 2. Mes premiers pas sur le web se sont faits grâce à des sites comme Le Site du Zéro (désormais OpenClassrooms) ou Alsacréations (avec un S à la fin s’il vous plaît), avec l’aide précieuse d’un ami développeur passionné de référencement naturel (SEO), mais aussi en m’inscrivant sur Twitter et en suivant des comptes parmi les plus influents, issus du milieu du graphisme, du web design et du web en général.

Je me suis toujours imaginé que ce serait mon âge qui finirait par me rattraper et qui, de fait, assombrirait mon avenir dans la profession, à l’instar d’Aurélien Foutoyet, pour qui le futur n’est plus ce qu’il était.

Je le répète, je ne fais pas partie de ceux qui pleurnichent sur leur sort ou qui baissent facilement les bras, mais plutôt de ceux qui, face à un problème, se retroussent les manches et vont de l’avant. Mais, en 2015, j’ai l’impression que le graphisme et le web design sont devenus des causes perdues. En 2015, j’ai la sensation que ces activités professionnelles, telles que nous les avons connues il n’y a encore pas si longtemps que ça, sont en train de vivre une douce et lente agonie, se rapprochant chaque jour un peu plus de la fin.

Sans concession aucune, je vous propose un état des lieux des métiers tournant autour du design et un tour d’horizon des raisons qui ont fini par me convaincre que nous sommes tous en train de tuer le design, en commençant d’abord par le web.


Remise en situation : le mobile du crime

En 2007, lorsque Apple dévoile l’iPhone, le premier smartphone à écran tactile, personne n’ose parier un sou que cet appareil va révolutionner le web, mais aussi le design, allant même jusqu’à transformer le web dans ses tréfonds. Non, à ce moment là, l’attention reste concentrée sur ce petit bijou de technologie : ses applications, son système d’exploitation dédié (iOS), son écran tactile et tout l’aspect ludique qu’il peut procurer à son utilisateur.

En outre, l’iPhone rend l’accès à internet plus mobile que jamais. Et, bien que la connexion à internet se fasse seulement via le réseau GPRS, le monde se met à caresser l’espoir d’un web accessible depuis n’importe quel endroit, sans la moindre altération de son contenu (contrairement au WAP utilisé jusqu’à présent).

L’année suivante, en 2008, Apple lance l’iPhone 3G intégrant, comme son nom l’indique, l’accès au réseau 3G. Cette nouveauté est capitale car elle offre un chargement plus rapide des pages et ouvre l’accès à toutes les fonctionnalités multimédia telles que la musique, la vidéo, les images…

Pendant ce temps, les autres constructeurs emboîtent le pas d’Apple et sortent tour à tour leurs propres smartphones à écrans tactiles, dotés également de leur propre OS (Samsung équipera ses appareils du système Android, conçu par Google ; Windows lancera à son tour Windows Phone ; etc.). Rapidement, tous les acteurs majeurs comprennent que le web se doit d’évoluer, afin qu’il puisse mieux s’adapter à cette nouvelle technologie naissante.

C’est ainsi que sont développés les premiers sites internet conçus spécifiquement pour ces appareils mobiles, en plus de ceux créés pour desktop. D’autres s’essayent directement à la création d’applications. Mais, ces solutions restent difficilement viables car beaucoup trop onéreuses. C’est alors qu’une “nouvelle” notion va éclore dans la conception de sites web : le responsive.

Le responsive, premier responsable

Pour autant, le terme responsive n’est pas si nouveau, bien au contraire. Pour celles ou ceux qui l’ignoreraient, le mot responsive a été utilisé pour la première fois en l’an 2000, suite à un article de John Allsopp intitulé “A DAO of web design”. C’est seulement en 2010, dans son article Responsive Web Design, qu’Ethan Marcotte met en application le concept de John Allsopp en soumettant ses premières lignes de code.

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« Responsive Web Design », l’article d’Ethan Marcotte sur alistapart.com en 2010 appliquant les premières lignes de code au concept de John Allsopp

 

Outre ce fait important, cette année 2010 marque un tournant dans l’évolution du web avec, entre autres, les nouveaux langages HTML 5 et CSS 3 pointant doucement à l’horizon, l’apparition des premières tablettes et l’arrivée à maturité des smartphones à écrans tactiles. Mais là où le responsive s’offre au web et à ses utilisateurs comme une avancée technologique, il s’accompagne aussi d’une part non négligeable de changements amenant son lot de nouvelles contraintes pour celles et ceux dont le métier est justement la création de sites internet : designers, intégrateurs, développeurs…

Pour autant qu’il soit considéré comme révolutionnaire, ce changement n’est pas soudain, il se fait progressivement, ce qui fait qu’il reste globalement perçu comme une évolution positive. Lentement mais sûrement, les acteurs du web s’accommodent à une nouvelle façon de concevoir le web, de penser le web, voire même de penser tout simplement.

Enfermés derrière une grille

Bien que leur apparition soit survenue quelques années auparavant, l’avènement des media queries découle de la forte progression d’utilisation de ces nouveaux langages que sont le HTML5 et le CSS3. En outre, les media queries sont considérés comme la base même du web responsive.

Leur fonctionnement est simple, tout du moins, en théorie : les feuilles de styles CSS changent selon les supports ou les tailles d’écran utilisés. Pour ce faire, des systèmes de grilles sont inventés, découpant les écrans en colonnes. Les pourcentages prennent le dessus sur les pixels, pour mieux quadriller les sites internet.

Petit à petit, le web se retrouve cloisonné dans des blocs. Tout devient tristement carré ou rectangulaire. Parfois, quelques web designers osent tenter le rectangulaire à bords arrondis, mais pas trop quand même. Les éléments de biais ou en travers disparaissent peu à peu, entraînant inévitablement la raréfaction de la plupart des fantaisies qui faisaient le charme du web d’antan. Ainsi, les textures font leurs adieux, tout comme les dégradés, pour ne laisser la place qu’aux fonds de couleur, le plus souvent blanc, dans le but d’améliorer la lecture sur petits écrans.

S’adapter à tout, s’épanouir en rien

Entre temps, en 2011, Adobe finit par choir en annonçant la fin du développement du plugin Flash pour Mobile. Une telle décision n’est pas surprenante puisqu’auparavant, en avril 2010, Apple avait déjà commencé à creuser la tombe de Flash, des suites de l’annonce de Steve Jobs, et de son refus de voir l’iPhone intégrer la technologie Flash. L’incompatibilité de Flash sur iPhone se transforma ainsi en incompatibilité pour Mobile. Le fait que Flash tire sa révérence du web mobile entraîne son retrait progressif du web en général, laissant un gros vide d’un point de vue graphique et créatif.

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2011 marque la fin du développement du plugin Flash pour mobiles

 

Issu à la base du print, j’ai toujours considéré que le support papier a cet énorme inconvénient d’être un espace fermé, aux dimensions définies dès le départ et dont il est impossible de s’en extraire. Alors, en 2009, lorsque je me suis engouffré dans le web design, j’ai été conquis tout de suite, bluffé par cette sensation de liberté qu’internet pouvait m’offrir, et ce bien qu’il soit sujet à d’autres codes et à d’autres règles bien distinctes.

Sauf que ce que j’ai perçu à mes débuts comme un vaste espace de liberté de création est devenu en très peu de temps un espace de contraintes, où la créativité se heurte sans cesse à de plus en plus d’impératifs d’ordres technologiques, allant jusqu’à amenuiser inexorablement tout l’épanouissement créatif qu’il pouvait procurer auparavant.

Standardiser pour mieux régner

Adobe Flash au tapis, les nouveaux standards du web tels que le HTML 5, le CSS 3 et le JavaScript ont la voie libre et, par conséquent, deviennent les nouveaux référents du web puisqu’ils sont dorénavant tous seuls. Sauf que, sous l’égide de l’innovation, se cache pour moi un triste bond de quelques années en arrière.

Dieu sait si j’aimerais être aussi optimiste que Marie Guillaumet qui reste convaincue que c’est d’abord à nous de renouveler créativement le web, Mais, en un peu plus de 5 années d’existence, et malgré tous les progrès réalisés, ces nouveaux standards du web n’ont fait que confirmer l’écart qu’il leur restait à combler pour atteindre les performances que proposait un outil comme Adobe Flash par exemple.

Ne vous méprenez pas, cet article n’a pas pour but de faire l’apologie de Flash ou de refaire le match HTML5 vs Flash. Moi-même je n’ai jamais réussi à dompter ce logiciel dont l’interface me parait encore plus complexe qu’Illustrator (#troll). Il n’empêche que si je veux être totalement objectif, je ne peux que constater la puissance du logiciel Flash grâce à son savant mélange du design et du code (ActionScript), et pas seulement pour la création de sites internet.

La guerre des clones

À l’heure du responsive, construire un site internet from scratch – i.e. tout coder entièrement – est devenu le parcours du combattant. Là où, auparavant, il était possible de designer puis d’intégrer son site en HTML/CSS, les nouvelles contraintes techniques liées au responsive ont rendu la tâche bien plus hardie, à tel point que chaque étape de la création d’un site a fini par se spécialiser, jusqu’à même créer de nouveaux métiers et de nouvelles appellations :

Les gros projets voient se rajouter de nouveaux intervenants, rendant le coût de développement du site responsive plus élevé, forcément. Pour les projets dont le budget ne permet pas de faire appel à autant d’intervenants qualifiés, d’autres solutions sont utilisées afin de mener le projet à terme, le tout à moindre coût :

  • les frameworks (ou structure logicielle), tels que Bootstrap ou Foundation, pour les plus connus ;
  • les C.M.S. (Content Management System ou Système de Gestion de Contenu), tels que WordPress, Joomla ou Drupal, parmi les plus connus.

Avec pour volonté de faciliter le développement d’un site internet responsive à partir d’une base existante, ces squelettes de sites “tout fait” ou “prêt à être utilisés” ont littéralement envahi le web. Aujourd’hui, il est même devenu facile de reconnaître au premier coup d’œil  un site réalisé à partir du framework Bootstrap. Pire encore, en 2015, WordPress propulse 23% des sites en ligne à travers le monde, soit quasiment 1 site sur 4.

L’arbre qui cachait le ThemeForest

WordPress est un outil puissant, pratique et accessible. Je fais d’ailleurs partie de ceux qui l’utilisent et qui aiment le pratiquer. WordPress me permet de présenter correctement mon portfolio et mes créations graphiques, de les mettre à jour facilement, mais aussi de publier et de diffuser des articles sur le web. Et, pour cela, j’utilise un thème premium acheté sur ThemeForest ou sur d’autres marketplaces que je customise et adapte par la suite à ma guise. Je fais également partie de ceux qui vendent des sites réalisés avec WordPress, à partir de thèmes achetés sur ThemeForest.

Il suffit de se rendre sur ThemeForest par exemple pour se rendre compte à quel point tous les sites qui y sont présentés se ressemblent. Rares sont les thèmes sortant vraiment du lot puisque, eux aussi, utilisent à foison le framework Bootstrap. Devant le succès d’un thème comme Avada, vendu à ce jour à plus de 140 000 exemplaires, ces marketplaces sont devenus des courses à l’échalote à celui qui mettra le plus de fonctions dans son thème, le surchargeant et l’alourdissant considérablement, jusqu’à le rendre très complexe d’utilisation.

themeforest clones de sites wordpress
ThemeForest ou la plateforme à clones de sites internet

 

Certes, cet article a pour but une prise de conscience et de responsabilités pour chacun d’entre nous mais il est aussi un aveu de culpabilité de ma part de participer également à cette uniformisation du web à outrance, qui consiste à n’utiliser que des clones de sites existants et développés par autrui. Forcément, ces marketplaces ont le vent en poupe, tellement elles génèrent de ventes de ces solutions toutes faites. Aujourd’hui, nous ne créons plus un site pour notre client, nous le choisissons dans un catalogue en fonction de l’univers de notre client.

Pour la plupart, la “création” de site internet n’est plus. Bienvenue dans l’installation de sites internet dont la seule création se résume à des changements de couleurs, d’images et de typographies. Les développeurs WordPress, mais pas seulement eux, maugréeront (à juste titre) que la seule solution viable reste de développer entièrement son site WordPress, mais nous retombons dans la même problématique qu’au paragraphe précédent.

“Mobile first”… “Content first”… no more then

Oh et puis, après tout, en 2015, qu’est-ce qui est vraiment important dans un site internet ? Que le site internet soit accessible de n’importe où. D’où la priorité donnée au responsive, à l’accessibilité, mais aussi au poids de chargement des images… bref, tout est fait pour le contenu prévale sur le contenant. Vous me direz que c’est un peu normal après tout. Sauf qu’au delà de cette vérité indubitable, en 2015, force est de constater qu’il ne reste que peu d’espace à l’expression du contenant.

Google l’a très bien compris d’ailleurs. C’est lui même qui donne le tempo en privilégiant les sites aux contenus riches. Qu’importe l’expérience utilisateur si elle est plaisante ou non, l’important c’est le contenu, qu’il soit prémâché et présenté correctement sur votre site afin d’être régurgité au mieux dans les SERP (pages de résultats de recherche).

Dorénavant, il n’est même plus nécessaire d’aller sur un site pour obtenir une information, puisque Google vous la donne directement. C’est déjà le cas avec les données structurées et l’utilisation de textes enrichis, permettant de consulter la carte d’un restaurant directement dans Google, sans même avoir à visiter le site du restaurant. Certes, le restaurateur peut-être satisfait mais quelle valeur ajoutée peut bien avoir le design ou le développement d’un site internet dans de telles conditions ?

Les bonnes pratiques, ces pourfendeuses en libertés

Pour couronner le tout (comme si cela ne suffisait pas), une sorte de police de la pensée du web a émergé, qu’on appelle plus communément : “les bonnes pratiques” du web. Le parfait exemple est l’éminent compte Twitter Opquast qui retweete sans cesse les mêmes choses, à longueur de journée. Bien que les infos prodiguées par ce compte soient à prendre en considération lors d’une conception de site web, ces recommandations sont entrées dans l’inconscient des gens comme des préceptes à suivre aveuglément, sans même se demander si elles sont vraiment utiles, ou pire, adaptées à la cible des visiteurs du site.

J’ai déjà eu une discussion assez mémorable sur le forum Kob One, avec Christophe Andrieu, au sujet de la question récurrente sur l’utilisation du target=”_blank”. Lors de la soumission à la critique d’un portfolio, l’usage du target=”_blank” sur celui-ci fut catégorisé d’office comme mauvaise pratique, sans même se poser la question si son utilisation faisait sens ou non. Cette façon de penser me dérange. Cet usage des mots me dérange. Et je trouve désolant qu’on ressorte systématiquement cette phrase toute faite, sans même se poser la question une once de seconde si son usage est adapté ou non.

Avez-vous remarqué que tous nos usages du web sont dorénavant dictés par les utilisateurs mobiles ? Sur un site immobilier que j’ai créé, où 80% de mon trafic provient de smartphones et plus particulièrement de tablettes, mon raisonnement et ma façon d’administrer le site tend à privilégier l’utilisateur mobile, ce qui est normal. Par contre, si je devais me fier à mon site internet, ce serait l’inverse : pas plus de 20% de mes visiteurs sont des utilisateurs mobiles. Privilégier ces utilisateurs au détriment des autres 80% serait donc une erreur.

Vers un web plus accessible, mais aussi plus aseptisé

Au final, je refuse cette idée qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises pratiques sur le web, un peu à l’instar du bon et du mauvais chasseur. Et j’aimerais tellement qu’on aborde nos problématiques de conception web sous un questionnement d’adapté ou de pas adapté à notre cible. Car, au final, à trop vouloir rendre les sites accessibles au plus grand nombre, n’avons-nous pas perdu de vue la cible des clients potentiels vers lesquels nous devrions nous concentrer plutôt ?

Je reste convaincu de l’importance de l’accessibilité dans le web et je ne la réfute pas. Mais, en voulant privilégier avant tout les utilisateurs mobiles, nous avons fini par dicter notre conduite essentiellement en fonction d’eux, jusqu’à déposséder le web de tous les attributs qui en faisait son charme et, parfois même, sa magie.

En 2015, le web tel que nous le connaissions auparavant n’est plus. Tout est devenu lisse, policé, quadrillé, pensé avant même de le créer. L’aseptisation du web est en marche et plus rien ne l’arrêtera, d’autant plus qu’il fonctionne de pair avec la tendance graphique du flat design ou design plat, auquel je consacrerai un article entier, à venir la semaine prochaine, pour la deuxième partie de la série : “Le design en 2015, ce désespoir”.

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10 réactions à cet article
  1. —  07 juillet 2015 à 2:07

    Très bon article qui permet de poser les angoisses de beaucoup de webdesigner. Pour ma part j’ai toujours rechigné à créer un site à partir de templates et autres frameworks, préférant en faire un maximum from scratch et en reprenant des codes maisons. Mais le fait est que le design actuel encourage à la fainéantise et les templates sont justement là pour nous y complaire…. Et je suis tombé dedans comme un gros naze, préférant finalement me concentrer sur les possibilités plus techniques et finalement plus jouissives de l’intégration et le dev.
    Ceci dit, au-délà de la crainte de voir un web aseptisé et unifié à l’extrême, j’ai plutôt l’espoir de voir une explosion des possibilités narratives et structurelles des site web du futur. Les standards qui sont en cours de réalisation posent les « bonnes règles » à suivre, pour justement les dépasser plus tard. Je garde bon espoir même si la période actuelle n’est pas la plus plaisante pour les webdesigners.

    • —  07 juillet 2015 à 6:42

      Merci Leminence pour ton commentaire. En effet, quand j’ai découvert les CMS, en commençant par Joomla, je ne m’imaginais pas à quel point j’étais en train de faire du mal à ma profession. Sans y voir de la fainéantise (même si ça y joue aussi, c’est sûr), je trouvais ça tellement pratique pour que les clients puissent administrer eux-même leur site (ceci dit, ça l’est toujours).
      En tout cas, j’espère me tromper et que tu as raison. Mais l’aseptisation du web design n’est que le premier angle que je présente ici et sous lequel j’en arrive à une telle conclusion, et je t’assure que la suite n’est pas plus réjouissante 🙂

  2. —  07 juillet 2015 à 2:14

    Merci pour ton long billet, Philippe, que je ne peux qu’applaudir 🙂

    Bien qu’ayant quelques années d’expériences de moins que toi, je te rejoins totalement et j’ai fait les mêmes constats de mon côté. Les tendances étant par ailleurs guidées par ce que sont ces dites « bonnes pratiques », on se retrouve obligé d’en appliquer certaines pour ne pas paraître – à tort, d’après moi – hors course.

    « L’aseptisation du web est en marche et plus rien ne l’arrêtera »
    C’est exactement ça. Pour prendre l’exemple des sites dont je m’occupe (à commencer par le mien), je fais évoluer progressivement mon style graphique web avec un léger train de retard volontaire sur les nouvelles tendances visuels (du blanc partout, du flat à outrance et j’en passe), justement pour tenter de freiner à mon niveau cette aseptisation (ce qui n’empêche pas de produire des sites web efficaces).

    Je pense aussi que ce qui nous fait aller vers ces tendances aseptisées, c’est la solution de facilité (et les contraintes budgétaires) afin de produire quelque chose de compatible avec les nouveaux « standards ». On voit des sites qui ont des moyens et qui ont réussi le pari d’avoir quelque chose d’original qui sache s’adapter à tous les supports. Je me souviens, entre autre, d’un site qu’avait fait faire Nike (je crois) voila 1 ou 2 ans, entièrement en HTML5. Une pure merveille ! Mais la contrainte budgétaire bloque la créativité (je parlerai même d’absence innovation graphique) dans le web d’aujourd’hui. Voila peu, je me faisais la réflexion (plus ou moins ironique) que tous les sites seraient à peu près identiques d’ici quelques années, avec pour seule différence leur logo.

    Je suis très curieux de connaître les réactions de nos consœurs et confrères à ton article 🙂

    • —  07 juillet 2015 à 6:48

      Merci pour ta contribution Sébastien et ravi de voir que nous sommes encore une fois sur la même longueur d’ondes. À tel point même que ton commentaire aborde carrément d’autres problématiques que je compte évoquer dans la 2e partie de ce dossier 🙂
      Stay tuned ! 😉

  3. —  07 juillet 2015 à 4:39

    Je partage à 100% ta réflexion sur l’état du design en 2015, merci de l’avoir structuré car tu as abordé tous les points essentiels qui ont conduit à la situation d’aujourd’hui.

    Je me suis lancé dans le métier de webdesigner grâce à Flash et ses extraordinaires possibilités multimédias et maintenant mon métier consiste à dupliquer des modèles de sites qui se ressemblent tous. En fait, le métier est plus facile qu’avant (utilisation d’aplats carrés/photos/typos de manière minimaliste) mais c’est devenu d’un ennuyeux…

    • —  07 juillet 2015 à 6:51

      Je ne sais pas si je dois être content ou encore plus triste de voir que d’autres designers se retrouvent autant dans ce que j’évoque…
      En tous les cas, je te remercie pour ton commentaire 🙂

  4. —  08 juillet 2015 à 7:30

    Merci Philippe pour cet article qui tombe à point nommé : j’aime me reconnaître dans ce que je lis, surtout quand c’est aussi bien balisé. Je suis encore nostalgique de ces sites en flash -c’est dire- qui constituaient pour la plupart de vraies illustrations interactives à portée de nos chers internautes (ça sonne un peu comme cosmonautes, explorateur de lieux inconnus).
    Alors OK faut vivre avec son temps… mais ton intervention me rappelle que j’ai baissé les bras un peu vite devant cet über-standardisation du web. Aujourd’hui je ne fais plus de sites.
    Je crois pourtant que rien n’est figé, et si beaucoup déplorent le phénomène que je qualifierais de « responcif » (aller hop celui là on se le note pour plus tard) c’est déja que la prochaine ère pointe le bout de son nez. Ennui et platitude génèrent vite la frénésie des innovateurs, qu’on se le dise. Vivement 🙂

  5. —  09 juillet 2015 à 9:43

    Merci pour cet article, je suis moi même perplexe face à l’évolution récente du web et l’impact du mobile. Je suis à moitié artiste et à moitié dev donc Flash était juste le top du top pour moi. Entre créativité et possibilité technique, tout me paraissait possible ! Il y avait bien ce défaut de performance et c’est vrai que j’avais le défaut comme tant d’autres de ne pas optimiser les projets… mais depuis la mise au placard de flash je ressent clairement un retour en arrière, une limitation et une pauvreté dans l’expérience interactive que je peux proposer.

  6. griZ
    —  05 août 2015 à 4:33

    Un conseil : changez d’intégrateurs 😀

  7. Big Barry
    —  22 août 2015 à 6:01

    Article très intéressant et bien construit même si, personnellement je ne suis pas d’accord avec toutes les conclusions apportées.

    Concernant les CMS il est vrai que ces derniers ont rendus le métier de webmaster beaucoup plus accessible aux néophytes.
    Cependant je trouve leurs inconvénients bien trop important par rapport à leurs avantages. Même le fait d’avoir un control panel tout prêt pour les clients qui n’est pas forcément des plus accessibles et des plus ergonomiques pour eux.

    Après il est évident que pour une boutique en ligne je vais quand même utilisé un CMS mais c’est surement le seul cas d’utilisation.

    A propos de la disparition du FLash je n’y vois que des bonnes choses.
    Il faut bien admettre que notre façon de consulter le Web a bien évoluer. Maintenant quand nous navigons nous avons souvent notre deezer ou spotify allumé, voir une serie ou video sur un autre écran. Et quel désagréable sentiment de se connecter sur un site en Flash avec des interactions sonores / musicales qui viennent parasiter notre navigation.

    Puis il faut bien avouer lire des textes sous flash est contraignant conmpte tenu que la taille des polices sont généralement petites, surtout sur des tablettes (quand android était compatible avec).

    Et je ne parle même pas des sites en FLash dont on arrive même pas à comprendre le système de nnavigation .

    Concernant les Frameworks CSS je ne suis pas du tout d’accord quand j’entends dire que tous les sites utilisant Bootstrap sont reconnaissables.
    Evidemment on ne peut pas échapper à la féniantise de certains qui utiliseront toutes les ressources graphiques du Framework mais si on se contente d’utiliser la grille couplé avec du CSS perso on y voit que du feu.

    Quant au fait de dire que le système de grilles bride les webdesigneurs je ne vois pas comment. Elles sont assez souples pour pouvoir incorporer son texte ou bon nous semble (après si on maîtrise mal l’outil c’est une autre paire de manche).

    De toutes façons il ne faut pas se leurer sur mobile on ne peut pas être très fantaisistes en terme de webdesign, hormis mettre du texte lsible on ne peut pas faire grand chose.

    Comme vous le soulignez le plus important c’est l’accès et la lisibilité de l’information.

    Et il faut avouer que c’est plus agréables de voir des sites un peu trop stéréotypés mais présentable que la plus part des sites des années 2000 avec des designs atroces et de mauvais goûts avec des textures immondes etc….

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