Le design en 2015, ce désespoir (Part. 3) : "L’enfer, c’est nous"

Aujourd’hui, nous sommes le 21 juillet 2015 et cela fait donc un an jour pour jour que je me suis rendu à Bercy avec plusieurs de mes confrères pour y rencontrer Axelle Lemaire, la secrétaire d’État en charge du Numérique, suite à sa visite dans les locaux de Creads – agence connue pour pratiquer le travail spéculatif auprès des créatifs – et à la fronde des acteurs des métiers graphiques qui en aura découlé. Bien que je ne fasse pas partie des “pionniers” ou des “précurseurs” qui ont érigé les bases pour défendre nos métiers créatifs, j’ai toujours eu au fond de moi cette âme de militant qui fait que je me suis toujours engagé dans des actions et des combats que je considérais comme justes et justifiées. Comme bon nombre de mes confrères, j’arpente et je participe aux forums depuis quelques années dans le but de défendre nos droits et nos métiers, d’informer, d’éduquer les plus jeunes freelances aux bonnes pratiques commerciales et de relayer la bonne parole. Cette implication de tous les jours dans la vie de la communauté, je la dois à cette main tendue qui, un jour, m’a bien aidé à un moment donné, pour ne pas dire qui m’a sorti d’un sale pétrin. Voilà pourquoi j’ai eu envie de reprendre ce flambeau de l’entraide et d’essayer d’apporter à mon tour de l’aide et des conseils là où je pouvais le faire. Malheureusement, en 2015, un an après Bercy, ce flambeau s’est éteint. Cet anniversaire est donc pour moi l’occasion de revenir sur l’année écoulée et de livrer une vision – personnelle, encore faut-il le préciser – des rapports que nous entretenons, nous les designers, vis-à-vis de l’engagement dans la défense de nos métiers, et d'aborder les conflits entre communautés qui polluent notre profession. Voici donc la 3e et dernière partie du dossier “le design en 2015, ce désespoir”, parsemée de nombreux états d’âmes, et intitulée : “l’enfer, c’est nous”.

Le design en 2015, ce désespoir (Part. 1) : "Web Over"

En ce début d’année 2015, j’ai eu la chance de souffler ma 15e bougie dans le métier de la communication visuelle, du graphisme, mais aussi du web design, dans lequel je me suis engouffré il y a 6 ans en même temps que le freelance. En 2009, je me suis formé tout seul à la création de sites internet — sur le tas comme on dit — en apprenant directement à coder en HTML 4 et en CSS 2. Mes premiers pas sur le web se sont faits grâce à des sites comme Le Site du Zéro (désormais OpenClassrooms) ou Alsacréations (avec un S à la fin s’il vous plaît), avec l’aide précieuse d’un ami développeur passionné de référencement naturel (SEO), mais aussi en m’inscrivant sur Twitter et en suivant des comptes issus du milieu du graphisme, du web design ou du web en général. Seulement, en 2015, j’ai l’impression que le graphisme et le web design sont devenus des causes perdues. En 2015, j’ai la sensation que ces activités professionnelles, telles que nous les avons connues il n’y a encore pas si longtemps que ça, sont en train de vivre une douce et lente agonie, se rapprochant chaque jour un peu plus de la fin. Sans concession aucune, je vous propose un état des lieux des métiers tournant autour du design et un tour d’horizon des raisons qui ont fini par me convaincre que nous sommes tous en train de tuer le design, en commençant d’abord par le web.